Transformation
Automatiser : le gain n’est pas où on le croit
Aux États-Unis, au deuxième trimestre 2026, l’IA générative a fait gagner 2,2 % de l’ensemble des heures travaillées, selon les actifs eux-mêmes1. Un gain modeste, et pas le premier à chercher.
Dans une étude publiée en 2011, trois chercheurs ont analysé 1,25 million de demandes reçues en ligne par 42 entreprises américaines. Celles qui tentaient de recontacter le prospect dans l’heure avaient près de sept fois plus de chances d’obtenir une vraie conversation avec un décideur que celles qui le faisaient une heure plus tard, et plus de soixante fois plus que celles qui attendaient 24 heures ou davantage2. Les auteurs ont aussi envoyé une demande test à 2 241 entreprises américaines : 23 % n’ont jamais répondu, et celles qui l’ont fait dans le mois ont mis 42 heures en moyenne2.
Le temps gagné, lui, ne devient pas tout seul un résultat. En France, 43 % des TPE-PME qui utilisent l’IA constatent une meilleure productivité de leurs salariés, 8 % seulement un effet positif sur leur chiffre d’affaires3.
Au Danemark, dans onze métiers exposés à l’IA, les salariés qui s’en servent déclarent gagner environ 3 % de leurs heures de travail, et 85 % disent réaffecter ce temps à d’autres tâches. Deux ans après l’arrivée de ChatGPT, les chercheurs excluent tout effet moyen supérieur à 2 % sur leurs revenus comme sur leurs heures4.
Dans l’enquête mondiale de McKinsey, 80 % des répondants disent que l’IA a amélioré leur productivité individuelle, 37 % seulement qu’elle a contribué au résultat d’exploitation de leur organisation. Parmi les 6 % qui lui attribuent au moins 5 % de ce résultat et une valeur « significative », près des trois quarts ont refondu leurs processus de travail, contre un quart des autres5.